MICHEL DE L'HOSPITAL
Voici un texte paru dans "Le Républicain" sur Michel de l'Hospital
Michel de L'Hospital combat les guerres de religion

 

•Chancelier et conseiller de Catherine de Médicis, Michel de L'Hospital n'a pas pu empêcher les guerres de religion et a fini sa vie dans son domaine de Vignay, près de Champmotteux.

•Né en 1505 en Auvergne, Michel de L'Hospital se fixe à Paris après ses études et est nommé chancelier de la reine Margot puis surintendant des finances. A ce poste important, il gagne rapidement une réputation d'intégrité et d'impartialité.

En 1560, quand Catherine de Médicis devient régente, elle choisit ce magistrat comme conseiller chargé plus particulièrement des questions religieuses. La Réforme, introduite par Calvin, commence à agiter le pays et les protestants sont considérés comme des hérétiques. Partisan de la tolérance, Michel de L'Hospital se range dans le camp des catholiques modérés et refuse l'affrontement en écrivant : " Otons ces noms diaboliques de huguenots et de papistes, ne gardons que le beau nom de chrétiens". Il participe à la rédaction d'édits qui condamnent l'Inquisition et défendent1a liberté du culte, mais, en 1562,des ligues catholiques extrémistes provoquent le début de la première guerre de religion. Michel de L'Hospital, qui ne parvient pas à empêcher le massacre de centaines de protestants un peu partout en France, entre en disgrâce et se retire dans son domaine de Vignay, situé près de Champmotteux. La reine régente souhaite cependant encore éviter la guerre civile et rappelle Michel de l'Hospital six mois plus tard. Il négocie plusieurs "paix", mais elles ne sont pas appliquées et, en 1568, le chancelier est écarté du gouvernement et vient vivre définitivement aux portes de la Beauce.

LA RETRAITE DE CHAMPMOTTEUX

Le petit et le grand Vignay forment une seigneurie située sur un coteau entouré de vignes. Après de nombreuses transformations, le domaine est composé de plusieurs bâtiments encadrant une cour et reliés par une galerie recouverte d'arcades. Loin des affaires politiques, le grand magistrat gère la ferme de son domaine, qu'il appelle son "petit royaume". Il établit deux foires par an et un marché hebdomadaire à Champmotteux. L'élevage et la culture de céréales, une basse-cour et un verger subviennent à ses besoins.

Michel de L'Hospital lit, écrit, reçoit quelques amis et rend souvent visite à sa fille au château de Bélesbat. Resté aux finances pendant six ans et conseiller pendant huit ans, l'ex chancelier mène une vie simple et tranquille jusqu'au massacre de la Saint-Barthélémy, dans la nuit du 23 au 24 août 1572. Ces évènements tragiques, qui font également mille cinq cents victimes parmi les protestants d!Orléans, ont des répercussions à Champmotteux. Soupçonné d'être calviniste, Michel de L'Hospital voit ses champs dévastés par les villageois et des hommes armés s'en prennent à ses fermiers. Il ne leur oppose aucune résistance et ne doit son salut qu'à l'arrivée de cavaliers envoyés par Catherine de Médicis; "Périsse à jamais ce jour néfaste pour l'histoire" écrit-il en constatant l'échec total de ses tentatives de conciliation.

Fatigué des discordes religieuses. Michel de L'Hospital tombe malade et meurt six mois plus tard au château de Bélesbat. Transporté de nuit à Vignay, il est enterré à Champmotteux, où un véritable monument funéraire ne lui sera consacré que trois cents ans plus tard.

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INSOLITE.
Michel de l'Hospital a été marqué par son long séjour à l'Université de Padoue. Féru de poésie latine, il tente d'expliquer la devise d'Epicure :"Se suffire à soi-même et se contenter de peu". Chaque jour, sur les terrasses de son domaine de Vignay transformé en château italien,il lit au pied d'un grand if des poésies d'Horace et de Virgile, et il correspond avec ses amis en vers latins.

©Le Républicain, jeudi 9 janvier 2003, Frédéric Delacourt.

 

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES.

Voici quelques informations complémentaires sur Michel de l'Hospital, qui nous sont communiquées par un éminent Botignacois.

"Michel de l'Hospital naquit fin 1505 ou début 1506 à Aigueperse, dans 1'actuel Puy-de-Dôme. Il fut un brillant étudiant en droit à Toulouse, puis en Italie, à Pavie et Bologne. Rentré en France en 1533, il fut admis au barreau du Parlement de Paris, puis devint conseiller de ce même Parlement. Dans cette fonction, il lutta avec zèle contre le luxe et la corruption des magistrats. Il fut envoyé comme ambassadeur à Bologne où se poursuivait le Concile de Trente. A son retour, Henri II le nomma Maître des Requêtes, puis Président au Parlement. Il supprima certaines pratiques qui déshonoraient la justice et s'efforça de réduire les gaspillages de l'Etat.
En 1559 il fut nommé Chancelier de France (c'est-à-dire Premier Ministre) par François II. Cette nomination fut faite à l'instigation de Catherine de Médicis, mère de ce jeune Roi qui ne régna que quelques mois. Devenue Régente du Royaume, Catherine confirma cette nomination.
Michel de 1'Hospital exerça pendant huit ans ses fonctions de Chancelier dans un contexte très difficile. Des factions se disputaient le pouvoir. Assassinats politiques et massacres eurent lieu; bref, c'était 1'époque sinistre des Guerres de Religion, guerres civiles au cours desquelles les factions faisaient appel à des aides étrangères, ce qui aggravait évidemment la situation.
Malgré cela, l'action du Chancelier fut importante : poursuite de la réforme de la justice, présidence de plusieurs Parlements, convocation des Etats Généraux, restauration des finances, suppression d'abus dans la nomination des évêques, obligation de résidence aux évêques et curés, révision des droits et des privilèges des parlementaires, mesures prises contre les exactions et violences dont se rendaient coupables certains fonctionnaires de police, développement de 1'instruction publique.

Michel de l'Hospital s'efforça, à plusieurs reprises, de réconcilier catholiques et huguenots (c'est-à-dire les protestants calvinistes). Malheureusement, il échoua complètement sur ce point. Partisan de 1 ' "irénisme"*, de la paix à tout prix, il abandonna ses fonctions de Chancelier en 1568, quand il se rendit compte que Catherine de Médicis était décidée à réprimer énergiquement les huguenots. Il se retira au Vignay, d'où il entretint une abondante correspondance avec Catherine de Médicis, Charles IX et son ami de Morvilliers, son successeur à la Chancellerie; ce qui prouve qu'il n'était nullement en disgrâce. Il perdit toute influence à la Cour après le décès de Morvilliers.
Loin des soucis de la lourde charge qu'il avait assumée, il était redevenu un gentilhomme campagnard, lisant, méditant et écrivant beaucoup, entre autres des vers latins. Il institua à Champmotteux un marché hebdomadaire, et deux foires annuelles.
La nouvelle des massacres de la Saint-Barthélémy (24 août 1572) surprit et désespéra Michel de l'Hospital. Une bande de fanatiques partit à l'assaut du Vignay. Catherine de Médicis lui envoya des soldats pour le protéger.
L'acte officiel de démission du poste de Chancelier fut signé par Michel de l'Hospital le 1er février 1573. Ce document avait été présenté par le sieur Louis Marinier, du village de Boutigny, clerc de notaire royal de la prévôté de "La Ferté-Aleps" (aujourd'hui La Ferté-Alais), en présence de deux témoins résidant à Belesbat, Pasquier Massé, secrétaire, et Jean Decourchons.
Le 13 mars 1573, il se fit lire son testament, l'approuva, le signa de sa main et mourut ce même jour. Il fut enterré de nuit à Champmotteux."

*: irénisme : attitude qui oeuvre à instaurer, maintenir ou rétablir la concorde, en particulier entre chrétiens de différentes confessions (dictionnaire Hachette).

Merci à Pierre Fère pour ces précieuses informations.


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